Jusqu’ici, nous avons vu la pauvreté des gens dans les rues, certes, un peu plus que « chez
nous » avec des personnes dormant dans la rue, mendiant, enfants y compris, ou encore vivant de petits boulots, de la vente de « bibelots » et accessoires sur le bord des
routes.
Mais la ville que nous pensions avoir déjà bien ratissée nous semblait surtout très européenne, « riche » et développée, et nous faisait dire que nous ne nous sentions pas plus que ça
en Amérique Latine.
Je ne pense plus pareil dorénavant… dans le cadre d’un de nos cours « mouvement de solidarité
sociale en Amérique Latine », le professeur nous a emmené dans un quartier pauvre de Bs As.
20 minutes de bus plus tard, sur fond de musique colombienne, nous voilà arrivés dans le dénuement le plus total…
J’avais sincèrement honte de « visiter » leur quartier, ça me semblait très déplacé, j’avais l’impression de les traiter comme des bêtes curieuses, nous les riches venant observer leur situation précaire…
Les constructions en polystyrène recouvertes d’une fine couche de béton pour les plus chanceux, pas d’accès
à l’eau courante dans le quartier, la boue au sol… et des gens encore et toujours souriants et accueillants, nous saluant au passage, incroyable... (De belles leçon à tirer pour
beaucoup)
Nous avons visité la structure qu’une femme tente de gérer de son mieux : une école maternelle, un centre de soins médicaux, une bibliothèque, un foyer pour les personnes âgées, une « cantine » où des bénévoles viennent cuisiner…
Ils survivent essentiellement grâce à des donations car le gouvernement argentin ne les aide que très peu… à titre d’exemple 1500 pesos (même pas 400€), 2 fois par an pour l’école des enfants (qui en compte plus de 130).
Cette femme est admirable : 10 enfants, 5 petits enfants et toujours là pour son barrio qu’elle ne quitterait pour rien au monde. Pas facile d’entendre son discours, surtout quand elle nous a dit qu’elle était fière que des gens éduqués comme nous viennent lui rendre visite… elle est tellement dévouée qu’elle ne se rend pas compte de l’absurdité de ses paroles, elle peut être fière, ça oui mais seulement ou plutôt uniquement de ce qu'elle fait pour les siens...
Très enrichissant mais "remuant" comme expérience. Le tiers monde est bel et bien aux portes de Bs As et les inégalités sont plus que criantes.